1er janvier 2012
Au bout du petit matin,
le d?compte : 15 petits jours, 15 grandes journ?es pour
Au bout du petit matin
voir le soleil de ma terre
Au bout du petit matin
la m?re patrie, inhaler l?air marin, recevoir les sourires de ce verbe, ? mon oreille nul autre pareil
Au bout du petit matin
Et
Au bout du petit matin
le d?but du d?compte
Le comput du temps trace le sillon de son chemin
Au bout du petit matin
Accueillir l??motion qui m??treint, la g?nuflexion pour poser mes l?vres sur le sol en un baiser de pardon
Au bout du petit matin
Le chant de bienvenue car
Au bout du petit matin
Je trouverai mes racines encr?es dans cette merveilleuse maison jaune, vieille demeure qui ne paie pas de mine et mine de rien symbolise mes g?nes enfin trouv?s
Tout ce qui me mine depuis toujours trouve-l? le baume pour panser les bleus ? l??me que je porte depuis toujours au fond de mon ?me
Oui enfin la petite maison jaune de grand-p?re Sotero
Au bout du petit matin
Fra?cheur ombreuse, odeur de mon histoire car oui j?en ai une, aujourd?hui j?en ai la preuve tangible et nul ne pourra affirmer le contraire
Au bout du petit matin
La douleur se calme, passe, s?en va
Au bout du petit patin
Les murs d?cr?pis portant stigmates de mon pass? pour me dire l?histoire qui est la mienne, oui mon histoire, celle des miens que je vois et sens passer tout pr?s, presque me fr?ler, sourires aux l?vres, mains apaisantes sur ma t?te d?sormais apais?e par la gr?ce de leur pr?sence, de leur accueil
Au bout du petit matin
Leur chaleur bienfaisante, d?valer les monts, traverser les places, courir ? perdre haleine, se poser doucement aupr?s de l?Oc?an pour l?entendre accompagner mes a?eux de la valse de ses fracas contre les roches brunes tant aim?es
Au bout du petit matin
Oh gens, Oh gens me voici parmi vous, peuple tant d?sir?, peuple tant attendu, peuple tant pleur?, peuple tant aim? je vous ouvre mes bras, je d?pose mon c?ur ? vos pieds car je suis des v?tres, je vous d?vore des yeux car d?sormais je ne vous pleure plus, vous ?tes ? mes c?t?s pour toujours nous tenir c?te ? c?te, cheminer de concert pour chanter, pour danser. Batuquons ensemble de nos voix ?raill?s, de nos voix nasillardes, de nos voix de basse, de nos voix grave car nous savons le tribut pay?, toutes les morts que nous portons en nous, ces morts qui nous consolent de nos pleurs, ces morts qui nous calment de nos peurs, ces morts qui indiquent le chemin parcouru et ? venir, ces morts pour toujours ? nos c?t?s, ces morts qui nous embellissent de leurs sacrifices par des sourires enfin apais?s
Au bout du petit matin
Ma terre, mes ?les, mes gens, trouver la route sans douter de la petite maison jaune, sa cour et ses volets, ses murs et son toit et son c?ur me disant ? viens, entre, tu es enfin chez toi ?
Au bout du petit matin
La maison qui m?a avec patience attendue des d?cennies durant
oui, oh mes gens je suis parce que vous avez ?t?, vous ?tes parce que je suis
oh mes gens
vous m?avez habit?e, vous m?abritez, en vous la s?r?nit? trouv?e et la tranquillit? loin du tumulte de ce monde, des bruits sauvages et des fureurs, des bris et des incendies
Au bout du petit matin
Ce plat des pauvres partag? qui nous enrichira de sa saveur nous les pauvres riches de cette morabeza
Au bout du petit matin
Tudinha, grand-p?re Sotero, Felisbela, mam Djidjula, mam Bia, tia Tanha, tia Chencha vous ?tes tous l?
Au bout du petit matin
Vous avez veill? sur cette terre, vous l?avez gard?e, vous m?avez berc?e, vous qui me guidez me montrant la voie, d?signant les miens, d?roulant le temps, levant le voile des zones d?ombres, me poussant de l?avant, m?insufflant la force de grimper Monte Cara pour faire face ? l?adversit? de qui voudrait me priver de mes racines
Au bout du petit matin
Je suis debout et d?termin?e, confiante et souriant au miens
Au bout du petit matin
Les effluves de l?alambic m?ont groguies, nul besoin de lever le coude au fond d?une gargote, le grog c?est puissant, la cachupa fortifiant, le kej odorant et que dire des bolachas? tous vous portez les mille saveurs de ce petit pays
Au bout du petit matin
Cr?ole sans madras, criola de toutes les fibres de mon corps jusqu?au bout du petit matin
Au bout du petit matin
L?Oc?an te desqu?bra, le vent virevoltant la poussi?re, les yeux ronds de curiosit?, l?ou?e aux aguets et les narines fr?missant d?impatience, un peu inqui?te, l?g?rement anxieuse, en attente de voir
Au bout du petit matin
Eclatant de soleil, br?lant de la chaleur caressante du vent, enfin ma terre, ma maison enfin
Et puis l?Oc?an qui va me laver, me frotter, me d?crasser, le sable qui va polir ma peau, soigner mes ger?ures, la mer qui va faire le m?nage dans mes esgourdes, me dessiller les yeux, me remplir les narines et les poumons. Plus que 15 petits jours pour
Au bout du petit matin
Humer les essences naturelles, lamper ma langue criola pour rouler les r, enroul?e dans Sotavente sentir l?air du large, port?e par Barlavente me lever vers ces rivages.
Faustine-janvier 2012 |